Commune de Cohons - 14 rue Candrée - 52600 Cohons

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Les Vignes 

Jouissant d’une exposition et d’un climat propice à la vigne, Cohons a toujours attiré les notables langrois qui y établirent villégiatures et domaines ruraux en y construisant maisons bourgeoises et vendangeoirs. Au milieu du XIXe siècle, Cohons comptait 102 ha de vignes, et la plupart des habitants étaient vignerons ou carriers.  À partir de 1861, comme partout en France, le phylloxera dévaste le vignoble qui ne subsiste plus que dans quelques parcelles familiales, 70 ares actuellement.

Les vignerons se convertissent alors en maraîchers qui alimentent trois fois par semaine les marchés de Langres, au grand dam du curé, Alfred Toussaint qui se lamente de voir son église désertée par les hommes, occupés dans les jardins ou sur les marchés quand autrefois les vignerons, libres le dimanche, assistaient nombreux à la messe.

Au Clos de la Roche, Nicolas Daguin cultive la vigne, tant dans les terrasses que sur les coteaux de Lahie, et il produit aussi son vin puisqu’il possède au village, juste en contre-bas du jardin, une maison avec vinée comme en atteste les actes notariés de l’époque.  Qu’elle était la qualité de ces vins, nul ne saurait l’affirmer mais il semble que les crus de Cohons avaient très bonne réputation, jusqu’à la crise du phylloxera.

Avant 1845, les vignes européennes (vitis vinifera) ne connaissaient pas les maladies et n’avaient jamais subi de traitement chimique. En quelques décennies, des maladies venues d'Amérique du Nord ravagèrent le vignoble européen : oïdium en 1845, phylloxera en 1861, mildiou en 1878, black rot en 1885.

Pour lutter contre ces maladies, on s’orienta vers le greffage des variétés françaises sur des porte-greffes américains (vitis labrusca, etc.) naturellement résistants. Une minorité misa sur la génétique pour créer des variétés résistantes. C’est ce que l’on a appelé les hybrides producteurs directs, donnant en quantité de bons raisins pour la production de vin de consommation courante, sans aucun traitement chimique aérien ou dans le sol.  Certain vins d’hybrides étaient « foxés », c’est à dire dégageant une odeur sauvage de renard.

Les malheurs de la viticulture (gelées, mildiou), la raréfaction de la main d’œuvre et des produits chimiques engendrée par deux guerres mondiales ont entrainé une forte extension des hybrides pour atteindre un pic vers 1958 avec près de 31 % de la surface totale du vignoble. À partir de 1927, la culture des hybrides devient réglementée pour enrayer la progression afin de limiter la surproduction et améliorer la qualité des vins de consommation courante produits. En 1935 le gouvernement pris un décret qui désigna six cépages proscrits : un cépage blanc : le Noah, et cinq cépages rouges : Isabelle, Clinton, Othello, Jacquez et Herbemont.

En 1955, un nouveau décret offrit une prime par hectare de cépage interdit arraché.    Un tract spécial, sous forme de buvard fut distribué dans les écoles pour attirer l’attention des parents, détenteurs de vignes interdites.  Actuellement, il ne subsiste que des souches isolées dans les jardins ou les tonnelles des maisons.

À Cohons aussi, on replante des hybrides.   Les livres de comptes de Gaston Jacquinot, propriétaire des jardins à cette époque, montrent qu’à partir de 1894, il replante toutes les vignes des terrasses notamment avec des hybrides : Noah, Othello, Couderc, …

Agrégé d’histoire, spécialiste de la vigne, Denis Schneider a entrepris de répertorier ces hybrides producteurs directs encore présents sur notre territoire et de les protéger comme témoins d’une époque à qui le réchauffement climatique et les préoccupations environnementales redonnent de l’intérêt.

Il a confié aux mains expertes de Jean-Marie Gras, vigneron bénévole passionné des Jardins suspendus de Cohons, un ensemble de cépages hybrides dont les six interdits pour constituer une vigne conservatoire cultivée sans traitement sur fils ou sur paisseaux comme autrefois.

Une terrasse est entièrement consacrée à cette vigne conservatoire tandis que quelques ares d’anciennes vignes, sur les coteaux de Cohons, sont également cultivées pour produire du raisin vendangé par les bénévoles de l’association Escargots en folie et pressé à quelques kilomètres de là au pressoir associatif des Vergers de Cérès, puis mis en bouteille et pasteurisé.  Cet excellent jus de raisin naturel est commercialisé à La Bergerie, point accueil et information des Jardins suspendus de Cohons.