Commune de Cohons - 14 rue Candrée - 52600 Cohons

Association  Escargots en folie : 06 78 26 94 24

1447863039_Logo-CCAVM_zoom.jpg

2018  - Site crée par TOMpointCOM

  • Facebook - White Circle
  • YouTube - Cercle blanc
  • Instagram - Cercle blanc

DÉCOUVRIR

L'histoire des Escargots de pierre

Les « escargots de pierre » appartiennent à la grande famille des labyrinthes-buttes  dont le goût s’est répandu au XVIIIe siècle avec la mode des jardins anglais ou jardins pittoresques.

 

Il faut se tourner vers la mythologie, où l’histoire et le conte se mêlent pour répondre aux interrogations métaphysiques de l’homme, pour trouver la trace du premier labyrinthe : Thésée parvient à tuer le Minotaure et à ressortir du labyrinthe construit par Dédale grâce au fil qu’Ariane lui donne.  Le labyrinthe est un chemin initiatique dont on retrouve la symbolique sur le dallage de certaines cathédrales, comme à Reims, dont le dessin est devenu l’emblème des Monuments historiques. 

 

Cet ornement est très prisé dans l’art des jardins, et le plus connu d’entre eux sans doute, est celui du Jardin des Plantes à Paris où Buffon et son équipe de Bourguignons œuvrèrent pendant cinquante ans à partir de 1739. «  Engagez-vous dans les spirales du Labyrinthe, elles vous amèneront au sommet de la colline : vous y jouirez du panorama de Paris, vous le contemplerez à votre aise sur les bancs du kiosque. » lit-on dans un guide sur le Belvédère du Labyrinthe publié en 1985 par le Muséum National d’Histoire Naturelle.

Une butte de terre, naturelle ou aménagée, constitue un support idéal pour organiser une déambulation en spirale, souvent bordée de buis, au terme de laquelle le promeneur atteint le belvédère, avec sa « belle vue » qui s’étend au loin sur le paysage.

À Cohons et plus généralement sur le sud du plateau de Langres, l’abondance de la pierre calcaire qui affleure naturellement partout permet d’ériger des buttes plus imposantes sur une moindre surface au sol. Ainsi faut-il voir l’origine de nos escargots de pierre sèche en Haute-Marne, sur le plateau de Langres, où près d’une vingtaine a été recensée par Alain Catherinet (Les Escargots, une énigme archéologique dans nos jardins haut-marnais du temps jadis, 1990).

 

Trois de ces escargots, les plus beaux et les mieux conservés, trônent dans les Jardins suspendus de Cohons formant des « fabriques » pittoresques remarquables.

 Au Clos de la Roche, Nicolas Daguin érige peu après 1808 un petit escargot conique, d’une hauteur de 3,5 mètre pour 15 mètres de diamètre.  Il offre un panorama époustouflant sur son jardin en terrasses, sur le village et au loin sur trois provinces.  À l’origine, un labyrinthe de buis s’étendait au pied du belvédère d’où les parents observaient d’un œil amusé les enfants jouant dans le dédale végétal.

De l’autre côté de la route de Bourg, François Bertrand crée d’abord un jardin anglais, promenade pittoresque sinuant au pied de la falaise, entre terrasses et plateau, agrémenté de plusieurs fabriques.  Quelques années plus tard, il a l’opportunité d’acquérir un champ qui jouxte sa propriété et lui permet d’en doubler la superficie. Cette parcelle, qui forme un angle saillant avec la sienne, possède un immense meurger, tas de pierre résultant de l’épierrement du champ par les labours successifs au cours des siècles.

La disponibilité de cette ressource gratuite et abondante, la forme même de la parcelle à cet endroit, vont conduire Bertrand à construire le mastaba, escargot carré de 15 mètres de côté pour 5 mètres de hauteur, à l’instar de celui construit par Daguin quelques années auparavant. Peut-être aussi fut-il inspiré par le retentissement de la campagne d’Égypte menée par Bonaparte de 1798 à 1801.  La promenade est prolongée d’une allée bordée de grands arbres d’alignement qui conduisent l’œil du visiteur vers le monumental escargot de pierre sèche.

Après 1839, les héritiers Bertrand vont construire le troisième escargot de Cohons, le plus monumental et le plus majestueux de tous ceux présents en Haute-Marne, le grand escargot circulaire, plus de16 mètres de diamètre pour une hauteur de presque 6 mètres. C’est l’emblème des Jardins suspendus de Cohons.

Tous ces escargots, tout comme l’ensemble des murs de clôture ou de soutènement et les fabriques du domaine, sont bâtis en pierre sèche, c’est-à-dire sans aucun liant, selon une technique ancestrale que maîtrisaient à la perfection les carriers et maçons de Cohons.

Chacun des deux belvédères du Parc des escargots offre un intéressant point de vue sur la vallée et sur le plateau vers Langres.